Kairnon a écrit :Pas trop deg de la démission du Pape Kayser ?
Pour ne pas me prononcer à la va-vite et pour apporter un minimum de réflexion, je dirais que cette « démission » - comme tu l’appelles – du pape Benoit XVI appelle à soulever et éclaircir plusieurs points en suspens.
Si je me laissais aller comme en République à juger le pape, ce qui est contraire à la morale chrétienne (Luc 6-37 : « Ne jugez point et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez point et vous ne serez pas condamnés ; pardonnez et on vous pardonnera ») - il faut bien avouer que 9 fois sur 10 les jugements personnels portés sur les actes de telle ou telle personne s’avèrent parfaitement faux - et surtout le pape recevant son pouvoir de Dieu, nous serions bien en peine de le faire, seul Dieu peut émettre un jugement du Siège Suprême, je dirais à brûle pourpoint que je m’en réjouis puisque je ne crois pas que ce pape soit un vrai catholique. Il a certes par certains aspects chercher à réconcilier l’Eglise avec la Tradition en tentant de ramener notamment la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, fondée par Mgr Lefebvre, au sein de l’Eglise puis en promulguant le « Motu Proprio », à savoir permis que la messe selon Saint Pie V, c’est-à dire la messe traditionnelle selon le rite tridentin, soit reconnue comme une forme « extraordinaire » du rite romain, donnant ainsi la possibilité aux évêques et aux congrégations religieuses de choisir la forme qui leur plait. Mais aussi bien sûr, par la levée des excommunications des quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre en 1988 qui engendra un an de discussions et de colloques doctrinaux sous les auspices de la commission Ecclesia Dei en 2011 et 2012.
Mais on ne peut pour autant oublier son passé : sa prise de position au concile Vatican II pour le modernisme, sa qualité de Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi (ex-Saint Office) pendant le pontificat du pape apostat Jean-Paul II, ses nombreuses visites dans les synagogues du monde entier, son voyage en Israël, son « culte de l’homme », son ralliement au Nouvel ordre Mondial dans l’encyclique « Caritas in Veritate », la tenue de la seconde réunion d’Assises après celle du faux pape Jean-Paul II, le fait même que Monseigneur Lefebvre l’appelait « le serpent » en parlant de Ratzinger, sa visite au Temple d’Auschwitz, lieu sacrificiel des souffrances éternelles de la nouvelle religion shoatique et lieu de la soumission aux exigences aussi illimitées qu’extravagantes de l’entité sioniste de l’Israël revendiquant un droit de regard et de censure sur la vie de l’Eglise, la canonisation des Saints (par ex. Pie 12) et sa politique extérieure. D’autant que les origines familiales de Ratzinger pourraient être les mêmes que celles de feu le Cardinal Lustiger.
Aussi, par respect pour les enseignements de Notre Seigneur Jésus Christ, la compréhension de sa démission peut-elle être mesurée à l’aune d’autres facteurs qui furent évoqués dans la presse transalpine ou encore en réfléchissant sur la portée même de l’acte.
Dans la presse transalpine sont ainsi apparus des tentatives d’explications matérielles.
D’abord, le quotidien « la Repubblica » la lierait à la découverte d’un réseau d’Evêques « gay » au Vatican, une sorte de lobby. Cette démission coïnciderait avec la remise d’un dossier de « deux volumes » de près de 300 pages compilé par trois cardinaux chargés d’examiner l’affaire du Vatileaks, cette affaire où des documents privés du Pape aurait été volés sur sa table de travail par le majordome du Pape pour les rendre public dans la presse italienne. Ce rapport révélerait donc l’existence d’un réseau au sein de la Curie, dont les membres seraient « unis par leur orientation sexuelle ». Ce qui est fort possible depuis que le modernisme est entré dans l’Eglise. Ce sont d’ailleurs généralement des prêtres modernistes qui sont au centre des affaires de pédophilies. Et puis, on sait que le lobby homosexuel procède essentiellement par cooptation. Mais, je doute que ce soit là un motif réel et sérieux pour démissionner.
http://fr.news.yahoo.com/lobby-gay-derr ... 20151.html
Il y a encore cette explication de source financière selon laquelle une pression exercée par des instituts financières obligerait Benoit XVI a démissionné sous peine de pertes financières monstrueuses pour l’Eglise. « Pour des raisons inexpliquées, quelques semaines après le renvoi du président de la banque du Vatican (photo) en mai 2012, tous les paiements bancaires étaient suspendus depuis début janvier 2013 ce qui non seulement entrainait l'asphyxie économique du Saint Siège mais gênaient considérablement les touristes sur place. Le Vatican était déconnecté du système Swift (comme l’a été l’Iran suite aux sanctions internationales), ce qui lui a fait perdre 1 170 000 euros entre le début et la fin de cette histoire, c’est à dire 39 jours ».
http://forti-romandie.romandie.com/news ... 31459.asp?
En effet, étrangement, dès le lendemain de la « démission » de Ratzinger, l’utilisation des paiements bancaires au Vatican était restaurée et la reconnexion au réseau Swift effectuée.
http://fr.radiovaticana.va/Articolo.asp?c=664327
De plus, le surlendemain, un nouveau banquier est nommé à la tête de la banque vaticane (L'Institut pour les Oeuvres de Religion) : L'Allemand Ernst von Freyberg, un avocat membre de l'Ordre de Malte dont on sait les liens avec la franc-maçonnerie. « Avocat réputé, financier de haut vol et chevalier de l'Ordre de Malte, Ernst von Freyberg est aussi le président du conseil d'administration des chantiers navals Blohm & Voss Shipyards, qui participent à la construction de bateaux de guerre. »
http://www.lefigaro.fr/international/20 ... -armes.php
Néanmoins, la version officielle de cette pression financière serait la mise aux normes du système bancaire du Vatican pour lutter contre le blanchiment d’argent !
Enfin, nous avons la possibilité d’étudier la portée de l’acte de « démission » de Benoit XVI.
Et tout d’abord, de réfléchir un moment sur cette notion de « démission ». Benoit XVI a renoncé à sa charge de souverain pontife. Ceci peut être traduit par deux mots : la renonciation qui selon mon petit Robert de 2001 évoque l’abandon d’une charge. C’est votre démission, mon cher Kairnon. Ou bien le renoncement qui introduit une notion d’abnégation car il s’agit alors de renoncer à une charge par un effort de volonté au profit d’une valeur jugée plus haute donc transcendante ou en lien avec la transcendance.
Vous aurez remarqué que le média mainstream français ne parle évidemment que de « renonciation » et jamais de « renoncement ». Il faut toujours vérifier la définition des mots choisis, ceux-ci le sont en toute connaissance de cause et induisent des associations de mots sous jacentes qui ne sont jamais à prendre à la légère. A leur décharge, le droit canonique parle bien de renonciation donc d’abandon et non de renoncement. Et effectivement, le pape renonce à sa charge au motif de l’avancement de l’âge, ce qui est juridiquement en accord.
La première chose que l’on peut dire, c’est qu’en lui-même l’acte n’est pas une innovation puisqu’il y a déjà eu dans l’Histoire quatre renonciations bien identifiées :
1) Benoit IX renonça car il souhaitait se marier.
2) Grégoire VI fut contraint à la renonciation après qu’on sut que des cardinaux avaient été achetés afin de pouvoir accéder à la charge.
3) Célestin V renonça de lui-même cinq mois après son élection se sentant dépassé par la mission qu’il s’était confiée à savoir réformer l’Eglise et la ramener vers plus de rigueur morale et spirituelle.
4) Grégoire XII se démit de sa fonction afin de mettre un terme au grand schisme d’Occident qui divisait profondément l’Eglise
Benoit XVI est donc le cinquième pape à renoncer. Mais, si la renonciation de Benoit XVI n’est pas une innovation, elle n’en reste pas moins un acte rarissime.
La deuxième analyse que l’on peut donc faire serait de voir dans cet acte rarissime la destruction d’une règle sacrée. Car dans l’Eglise du Christ, on est pape jusqu’à la mort, malgré la vieillesse et la maladie (voir d’ailleurs Jean-Paul II), car la charge de souverain pontife n’est pas conquise de haute lutte politique mais est acquise par la grâce de Dieu. C’est Dieu qui place le pape sur le trône et il n’y a donc que Dieu qui puisse reprendre son droit (par la cessation de la vie du pape notamment). La rupture de ce « code déontologique », de cette loi ancestrale, je veux dire le principe de l’élection du pape ad vitam, pour de simples raisons de confort et de « retraite » est une révolution dans le rapport à la fonction pontificale, comme si le principe de l’élection à vie était négociable.
En réalité, il y a fort à parier qu’il s’agit d’une nouvelle avancée de la Bête moderniste et libérale dans l’Eglise en appliquant à la fonction papale ce que déjà le Concile Vatican II avaient décidé pour les prêtres, les évêques et les cardinaux (la démission dès l’âge de soixante-quinze ans, l’exclusion du conclave dès l’âge de quatre-vingts ans pour les cardinaux). Benoit XVI parachève ainsi la réforme conciliaire. Il s’agit donc moins d’une renonciation pour des causes extérieures réelles et sérieuses que d’une volonté « de transformer de facto une hiérarchie sacrée en une administration bureaucratique semblable aux administrations de gouvernement des états démocratiques modernes, ou aux ministères pastoraux synodaux des sectes protestantes. […] Il est très probable, en effet, que la décision d’aujourd’hui devienne comme moralement obligatoire pour ses successeurs, faisant de la Papauté une charge ad tempus et provisoire de président du collège épiscopal ou, pourquoi pas, du conseil œcuménique des églises. »
http://www.sodalitium.eu/index.php?pid=142
Conclusion
La renonciation de Benoit XVI relève donc d’un acte tout aussi significatif que celui de Paul VI qui le 13 novembre 1964, déposa symboliquement sa tiare refusant d’être coiffé de ce qui manifeste aux yeux du monde la triple puissance du pontife romain. Elle frappe, là aussi symboliquement, la fonction papale qui avait été miraculeusement épargné par le Concile Vatican II, elle montre un détestable sentiment de relativisme et de temporalité qui ne sont pas conformes avec le caractère divin de la charge, en en banalisant la nature, en la ramenant à une fonction comme une autre, en le rendant « profane » par une normalisation temporelle qui est sans rapport avec la dimension surnaturelle de la charge de pape confiée par Dieu au successeur de Saint Pierre.
In Christo Rege +